Les amis du club

Plateforme de discussion autour des clubs du livre

Club Français du Livre

8, rue de la Paix, Paris-2e
Club du livre dont les publications sont vendues directement aux adhérents.
Conditions d’adhésion : adhésion gratuite ; achat minimum de 4 volumes dans l’année.
Bulletin : Liens, mensuel, illustré.
Collections : « Romans », « Mémoires », « Événement », « Portiques » (classiques, reliure pleine peau, papier bible), « Portraits de l’histoire » (biographies historiques), « Formes et reflets » (par souscription).
Quelques publications : Ambroise Paré, Animaux, monstres et prodiges ; Charles Cros, Œuvres complètes ; Georg Buchner, Œuvres complètes ; etc.
Dans la collection « Portiques » : Vasari, Vies des grands artistes ; Saint-Simon, Papiers en marge des mémoires ; Beaumarchais, Théâtre complet ; etc.
Dans la collection « Formes et reflets » : Shakespeare, Œuvres complètes (édition bilingue) ; Balzac, Œuvres complètes (en 16 volumes) ; etc.
(source Bulletin des bibliothèques de France)

Le Club Français du Livre (CFL) est créé en 1946 par Michel Lhopital. Au manque de livres et de structures de diffusion après guerre, ainsi qu’aux besoins des lecteurs qui veulent reconstituer une bibliothèque, la vente par correspondance, sur un modèle venu des USA, apparaît comme une réponse commerciale nouvelle. Il sera proposé aux abonnés de la formule 4 titres par mois, dans un assortiment de classiques de la littérature et de nouveautés, dans deux présentations différentes au choix : l’une classique, l’autre plus libre et inattendue. 48 titres par an qui seront l’objet d’expérimentation et d’invention pour Pierre Faucheux et les autres collaborateurs du Club comme Jacques Darche, Jeanine Fricker, Alain Le Breton, Jacques Devillers, Jacques Daniel, Robert Massin…
Les livres du CFL adoptent des formats divers et la composition typographique intérieure est réinventée pour chaque texte. Des efforts de soin et des expérimentations sont faits sur la reliure et les pages de garde. L’utilisation de matériaux étrangers au livre (bois, soie, velours, etc.), l’insert occasionnel d’objets, font rétrospectivement dire à Massin l’influence de l’Art Brut sur leurs réalisations. (…)
Mais les réalisations du Club sont aussi à la pointe des possibilités d’impression de l’époque ; elles mélangent les ressources techniques récentes aux anciennes. Une des premières innovations de Pierre Faucheux sera de produire des livres dont la reliure est imprimée sur la totalité des plats de couverture. Cette couverture sera composée ouverte ; les deux plats et le dos ne sont souvent qu’une même image qui déborde et s’étend parfois à l’intérieur, sur les pages de garde. Massin, encore, utilise à ce propos l’expression intéressante de « cinétique » des livres du Club : « c’est peut-être là l’apport le plus original des clubs dans les années 50. Introduire dans dans la mise en page du livre – objet statique par sa nature et les deux dimensions du rectangle qu’il propose à la lecture – un mouvement, une animation qui naissent dès lors qu’on tourne les pages, était une de ces idées simples auxquelles personne n’avait songé. » (…)
L’impression des couvertures ne se fait pas en quadrichromie sur ces livres toilés, mais d’une ou deux teintes souvent relevées d’un marquage « à chaud », quelque fois d’une étiquette présentant une gravure ou un autographe. Étrangement pour nous aujourd’hui, mais sans doute l’effet d’un héritage du livre relié tout cuir, le premier plat n’est presque jamais utilisé pour titrer l’ouvrage, fonction attribuée au seul dos dans les premiers livres du CFL. Une exception à cette remarque est faite par Pierre Faucheux pour la collection Portique, voulue concurrente de la Pléiade, avec un marquage du titre et du nom de l’auteur qui se développent depuis le dos et courent sur les deux plats de la couverture.
(source Marie Louise, n°2, novembre 2006, article « L’écho d’un langage trouvé. Notes sur le travail de Pierre Faucheux » de Samuel Vermeil)

Proche des surréalistes et s’appuyant sur des amitiés progressistes mais aussi le marketing, le Club connaît dès sa création le succès tant par le nombre des adhésions que par la qualité des livres numérotés qu’il édite, privilégiant les textes classiques. Sa revue Liens (CFL), servie aux seuls adhérents, en vient à jouer un rôle littéraire.
Autour de Jean-Paul Lhopital, le premier directeur littéraire est Robert Carlier (son successeur en 1952 est Claude Grégory). Le succès de l’entreprise entraîne des rivalités : le Club des Libraires de France voit le jour peu après ainsi que le Club du Meilleur Livre. Pierre Faucheux est le premier directeur artistique du Club Français du Livre, responsable des maquettes. Robert Massin, Jacques Darche et Jacques Daniel lui succèdent à ce poste. Le tirage moyen passe de 2500 à 8000 exemplaires en quelques années tandis que le fichier des adhérents est multiplié par 30 entre 1948 et 1957. En fait, il s’agit de prospects. Le CFL publie 4 livres par mois, y compris ses propres rééditions. (source Wikipédia)